Hoggar et tassili du Hoggar + Tamanrasset

Hoggar et tassili du Hoggar + Tamanrasset

« La vue est plus belle qu’on ne peut le dire ou l’imaginer. Rien ne peut donner une idée de la forêt de pics et d’aiguilles rocheuses qu’on a à ses pieds : c’est une merveille. » (Bienheureux Charles de Foucauld, 1911, à propos de l'Assekrem)

Fascinant, le Hoggar (Ahaggar en touareg) l’est à plus d’un titre. Montagnes au nord, désert de sable au sud, le Hoggar est immense, aussi vaste que la France. Couvrant la partie la plus méridionale de l’Algérie, il fait frontière avec le Niger et le Mali.

Au nord, le massif du Hoggar, véritable désert de pierre, donne à l’Algérie ses plus hauts sommets.

Loin au sud-ouest, le tassili du Hoggar, plateau gréseux ruiniforme envahi par le sable, s’étend en fer à cheval sur 700 kilomètres. Il fait partie de la série de tassilis dispersés tout autour des montagnes du Hoggar.

Ces paysages si différents, nés du jaillissement des reliefs sous la poussée des volcans et modelés par les climats successifs qui ont façonné le Sahara, témoignent par leur géologie singulière des âges de la Terre depuis plus de 3 milliards d’années ! S’y ajoute un patrimoine archéologique remontant à 600 000 ans, voire 1 million d’années… Sans oublier la flore et la faune spécifiques auxquelles les montagnes servent de refuge. Ni la culture vivante des Touaregs Kel Ahaggar !

Ici, le gigantisme des formes rivalise avec celui des étendues, révélant par endroits le socle granitique poli par les eaux, faisant culminer les volcans pétrifiés au-dessus de 2 900 mètres, déployant à perte de vue les champs de lave, les regs caillouteux, puis les dunes desquelles émergent des forêts de pierre érodée… Gigantesque aussi, le lit de l’ancien fleuve Tin Tarabine, axe de la piste reliant les montagnes du Hoggar, au nord, aux sables du tassili du Hoggar, au sud.

Hoggar

Montagne, altitude, gueltas majestueuses… Le massif du Hoggar, en plein Sahara, est propice à la randonnée en toute saison, même en été ! Les hauteurs y ont attiré les alpinistes depuis longtemps – Roger Frison-Roche et ses amis y accomplirent même quelques « premières »…

Au cœur du Hoggar s’élèvent les sommets de l’Atakor, terme touareg qui signifie le « milieu de la montagne », le « nœud » d’où s’écoulent les oueds. Le regard embrasse toute cette chaîne spectaculaire depuis le plateau de l’Assekrem (2 728 mètres), au seuil de l’ermitage du père de Foucauld : le dôme du Tahat (2 918 mètres, point culminant de l’Algérie), le pic d’Ilamane (2 760 mètres) et leurs colonnes de basalte dressées vers le ciel comme des orgues. Les effets de lumière, au lever et au coucher du soleil, s’accrochent à cette minéralité absolue dans une féerie sans cesse renouvelée.

Hésitant entre le noir violacé de la roche volcanique ou le rose (ou parfois le bleu) du granit, l’âpre beauté du Hoggar enchaîne cols, plateaux et gorges, parois ornées de gravures et de peintures néolithiques, canyons dissimulant quelques oliviers, une flore saharienne de montagne, des gueltas… Plus bas, les acacias jalonnent le lit des oueds, tandis que des bosquets de lauriers et de dattiers signalent ici et là une source ou quelque petite oasis. Alors, il n’est pas rare de croiser des nomades avec leurs troupeaux…

Tassili du Hoggar

Labyrinthe de rochers bruns dressés entre les dunes, le tassili du Hoggar est féerique. Les courbes de sable y ondulent entre les lignes élancées des grès ruiniformes : cirques abritant canyons étroits et gueltas secrètes, pitons à El-Ghessour, mur d’aiguilles à Tin Akacheker (littéralement : « les épines »), « citadelle » à Tagrera, et autres rochers épars que les caprices de l’eau puis du vent ont sculptés en de fantasmagoriques silhouettes aux allures de champignons, têtes humaines, bestiaire imaginaire !

Sur les parois, gravures et peintures néolithiques sont autant d’empreintes laissées par les chasseurs et les pasteurs qui, il y a bien longtemps, vivaient là sous d’autres climats.

Silence des espaces infinis, art rupestre multimillénaire, dénuement des dunes blondes, flore précieuse des lits d’oueds, bleu intense du ciel, foisonnement d’étoiles dans la nuit, tout est réuni pour inciter à la contemplation émerveillée de ces matins du monde.

Le parc national de l'Ahaggar (Hoggar)

Doté d’un patrimoine naturel et archéologique inestimable, le parc national de l’Ahaggar est le premier d’Algérie par sa superficie et l’un des plus importants parcs nationaux dans le monde. 

L’Office du parc national de l’Ahaggar (OPNA) est chargé de gérer le parc et de protéger, conserver et mettre en valeur le patrimoine culturel et naturel de l’Ahaggar (Hoggar). L’OPNA a son siège à Tamanrasset.

Tamanrasset, capitale du Hoggar

Tamanrasset ne comptait que quelques familles au début du XXe siècle, toutes installées sur l’une des rives de l’oued qui la traverse, à 1 400 mètres d’altitude. Aujourd’hui, la ville, un temps appelée Fort-Laperrine par les Français, forme une vaste agglomération d’environ 100 000 habitants et est le siège d’une wilaya. À plus de 2 000 kilomètres d’Alger, c’est un carrefour incontournable sur les routes du Sahara central, une porte sur l’Afrique subsaharienne.

Dotée d’un aéroport international, Tamanrasset est le point de départ des excursions dans la région : l’Assekrem, au cœur du massif du Hoggar, est à 80 kilomètres à vol d’oiseau, tandis que le tassili du Hoggar commence à pointer ses citadelles de grès à environ 150 kilomètres (une journée de 4x4 par la piste).

Quelques figures du Hoggar

Charles de Foucauld (1858-1916), militaire, explorateur, ordonné prêtre depuis 1901 et établi à Beni-Abbès, séjourne régulièrement à Tamanrasset à partir de 1905 et décide de s’installer sur la rive alors inhabitée de l’oued. Il y bâtit une maison qu'il appelle sa "frégate". En 1911, il accompagne les nomades dans le massif du Hoggar et construit son ermitage d’été sur le plateau de l’Assekrem. Passionné de culture touareg, il a entrepris un travail colossal : la rédaction du premier dictionnaire touareg-français, lexique qu’il accompagne de commentaires et auquel il adjoint un recueil de poésies, proverbes et chants touaregs qu’il transcrit, traduit et commente également. Ami du commandant Laperrine et d’autres militaires qu’il a accompagnés à travers le désert, il entretient également des relations cordiales avec l’amenokal Moussa Ag Amastane. Ses traductions de poésies se font notamment l’écho des amours contrariées de Moussa et de sa cousine Dassine, réputée dans tout le Hoggar pour sa beauté et ses talents de poétesse. L’œuvre linguistique du père de Foucauld, monumentale, fait toujours autorité pour la connaissance de la culture touareg, en particulier des Touaregs Kel Ahaggar. Il venait d’achever ces travaux lorsqu’il fut assassiné dans son bordj de Tamanrasset, au cours d’une révolte senoussiste, le 1er décembre 1916.